Le Festival International "Théodore GOUVY"

 

THEODORE GOUVY ET HOMBOURG-HAUT

L'HISTOIRE D'UNE RENAISSANCE

 

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Du FestivaL..,
C'est en 1990, afin d'illustrer avec plus d'éclats la célébration du 125ème Anniversaire de sa fondation, que le Chœur d'Hommes en collaboration avec la Ville de Hombourg-Haut a décidé de créer " les Rencontres Musicales de Hombourg-Haut'. Leur soucis principal était de toucher et d'émouvoir le public le plus large possible, afin de mieux lui faire comprendre et aimer ce langage universel que l'on appelle la musique. Leur but était de renouer avec le riche passé historique et culturel de Hombourg-Haut, marqué par une famille, les "Gouvy". La rencontre magique de la musique et de l'histoire de Hombourg, ne pouvait à leurs yeux trouver meilleure signification et meilleur cadre que celui admirablement restauré de la Collégiale Saint-Étienne. Eglise magnifique, témoin d'une histoire presque millénaire, ce lieu somptueux, au passé légendaire, symbole éternel et véritable âme de la Ville de Hombourg-Haut, est classé Monument Historique depuis 1930. Avec elle le site du Vieux-Hombourg, sur lequel l'Evêque de Metz Jacques de Lorraine fit bâtir à partir de 1250 une ville forte couronnée par un Château-Fort imposant dont il reste encore aujourd'hui quelques ruines intéressantes.
Ce n'était certes pas la première fois qu'une telle aventure venait à naître, il suffit pour s'en rendre compte de voir la prolifération des festivals de musique. Son histoire serait certainement banale, si elle ne résultait avant tout d'une initiative due à une remise en cause d'un groupe dont l'histoire commença il y a plus de cent trente ans . Si depuis toujours, celui-ci a œuvré sous diverses formes pour la vie culturelle de Hombourg-Haut, l'intensité de celle-ci n'a cessé depuis la création de ce Festival de prendre un essor grandissant. Mais comment continuer cette histoire sans évoquer celui sans lequel, celle-ci n'aurait que peu de sens et qui finalement lui enlève toute cette banalité. Il convient effectivement de ne pas oublier que c'est dans cette paisible bourgade de lorraine lui tenant tout particulièrement à cœur pour bien des raisons, que Théodore Gouvy, vécut les trente dernières années de sa vie et composa ses œuvres les plus importantes. Mort le 21 avril 1898 à Leipzig c'est sous les voûtes séculaires de la Collégiale Saint-Étienne (où sa musique revit aujourd'hui), que furent célébrées ses obsèques le 27 avril, avant qu'il ne soit inhumé dans le caveau familial à proximité de celle-ci.
En 1992, nous avons décidé d'adjoindre le nom de "Festival International Théodore GOUVY' aux Rencontres Musicales de Hombourg-Haut, afin de dédier ces manifestations à Théodore Gouvy en hommage à sa vie et son œuvre ainsi qu' à tout ce qu'il représente pour l'histoire de notre ville et pour celle du Chœur d'hommes en particulier. Les découvertes le concernant lors des recherches approfondies que nous avions effectuées quand à l'origine du chœur d'hommes, nous ont portés à l'inclure totalement dans la vie musicale de notre ville.
Il va de soi qu'une étude profonde des écrits sur sa vie et son œuvre était nécessaire avant de pouvoir le présenter. Peu ou pas connu, peu ou mal étudié, 'le phénomène Gouvy" était d'autant plus méprisé et considéré comme négligeable. S'il est vrai qu'il nous a fallu quelques années pour convaincre les plus sceptiques du bien fondé de notre entreprise, aujourd'hui plus personne ne conteste , ni l'utilité ni l'intérêt de nos recherches et de notre engouement voir de notre obstination pour celui qui sans aucun doute aura été de son vivant notre concitoyen le plus célèbre, sans même que nous le sachions.
Le "Mémoire" de René Auclair établi au C.N.R de Metz en 1983, la Thèse de 3ème Cycle de Martin Kaltenecker, présentée à la Sorbonne à Paris en 1986 sous la conduite de Mme Danielle Pistone, le livre d'Otto Klauwell (Musicologue Allemand qui connut Gouvy de son vivant) "Theodor Gouvy, sein Leben und seine Werke" publié à Berlin en 1902 (aujourd'hui introuvable), nous servent de références absolues. Ils nous ont permis de connaître toutes les étapes de sa vie ainsi que l'inventaire complet d'une production musicale remarquable malheureusement encore difficile d'accès, fruit d'un labeur ininterrompu qui s'étend sur une période compositionnelle de plus de cinquante ans.
C'est grâce au travail considérable des personnes suscitées, ainsi qu'à quelques écrits moins signifiants et des critiques d'époque, où nous puisions nos sources d'informations que nous avons été en mesure de communiquer ces renseignements précieux et de mettre en route nos activités. En adoptant le nom de "Festival International Théodore Gouvy" et en dédiant ses Rencontres Musicales à "son compositeur", Hombourg-Haut s'est engagée délibérément dans la voie menant à la réhabilitation de ce grand compositeur tombé dans un oubli bien injuste après sa mort. Depuis 1992, véritable centre de récréation et de rediffusion de sa musique, son Festival est aussi devenu un merveilleux champ d'exploration des ses œuvres.
Près d'une trentaine d'entres-elles ont ainsi déjà été créées ou recréées dans la ville même où la plupart ont été composées. Personne n'est resté indifférent à cette musique. Pour oser entreprendre cette démarche, il convenait sans aucun doute d'avoir une autre approche du phénomène musical, car cette initiative fut saluée et accompagnée à ses débuts par des attitudes bien différentes. Pourtant, discrètement mais avec acharnement, ceux qui ont œuvré par leur action bénévole et un patient travail de fond pour pérenniser leur entreprise, ont réussi à proposer, année après année, un programme très varié et de grande qualité apprécié par tous les auditeurs, pour faire de Hombourg-Haut, grâce à Théodore Gouvy, un lieu incontournable de "Rencontres Musicales" .
Ayant fait leurs preuves au fil des ans, ils ont convaincu peu à peu des partenaires de plus en plus nombreux, contribuant dans la mesure de leurs moyens sous des formes diverses à l'organisation générale ainsi qu'à la montée en puissance de cette entreprise. L'éclatant succès du C.D. du 'Requiem" et de la Cantate "le Printemps", puis de celui du C.D de musique de chambre contenue dans les 'Feuillets intimes de Hombourg-Haut', (collection Mémoires Musicales de la Lorraine), ont concrétisé tous les espoirs que nous avons tous placés dans la musique de ce compositeur.
Ils ont amené l'éditeur discographique K.617 soutenu par la Région Lorraine à persévérer dans cette voie en enregistrant un autre programme comprenant le "Stabat-Mater", et la Cantate dramatique scandinave "Egill". Cependant nous n'avons pas oublié que nous n'étions qu'au tout début de la redécouverte de cette musique. C'est ainsi qu'en 1998, pour commémorer le 100ème Anniversaire de la mort de Gouvy, que nous avons proposé au public hombourgeois la création mondiale en français de la Scène dramatique "Electre" par l'Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy, et avec en particulier Françoise Pollet comme Soprano. (Electre a également fait l'objet d'un enregistrement CD double par K617).
A l'institut...,
Il nous restait donc un travail bien plus important à réaliser afin que cette musique entre de manière définitive dans cette "Mémoire Musicale de la Lorraine' et fasse à nouveau partie du grand répertoire. La création en 1995 de 'l'institut Théodore Gouvy", dans les lieux même où cette musique a été composée, où son auteur a vécu une grande partie de sa vie (Villa Gouvy), donne une dimension complémentaire à l'action menée jusque là par le Chœur d'Hommes et ses partenaires. il permet, à ces lieux chargés d'histoire de rassembler, toute sa musique, mais aussi les documents, photographies, correspondances, souvenirs et autres objets liés à la vie et à l'œuvre du compositeur et de devenir l'endroit privilégié de la renaissance de l'œuvre, d'un compositeur.
L'institut s'est donné comme mission d'inventorier, présenter et rendre accessible à tout interprète, musicologue ou simple étudiant, une œuvre qu'il convient désormais de considérer dans son intégrité: soit 160 œuvres achevées dont seulement 90 furent publiées par diverses maisons d'édition célèbres de l'époque. Certaines ayant disparu, il importait de retrouver leurs fonds souvent dispersés, de même qu'il convenait de récupérer les manuscrits non édités. L'institut a rassemblé également de nombreux objets du .quotidien" de Théodore Gouvy, sauvés par les soins vigilants de sa belle-sœur Henriette et transmis aux nombreux héritiers, qui tous ont accepté spontanément que se reconstitue à Hombourg-Haut l'univers évocateur de ce Maître au destin peu commun.
Sans prétendre vouloir faire l'apologie de Gouvy, il est en effet indéniable que les erreurs dont sont tissées ses trop rares biographies et qui se sont perpétuées d'un dictionnaire à l'autre car étrangement recopiées sans que l'on prenne la peine d'examiner sa musique, ont participé à véhiculer une image que l'on peut sans exagération qualifier de sommaire. Contrairement à la plupart de ceux qui furent ses amis, ses compagnons de route et dont nous n'ignorons plus rien car de nombreuses publications dues à d'éminents musicologues leur ont été consacrées, Théodore Gouvy demeurait un des grands oubliés de l'histoire de la musique.
Rendre enfin justice à Théodore Gouvy qui fut non seulement un grand compositeur, mais également un témoin important de son temps et lui redonner la place qu'il n'aurait jamais dû quitter, mais aussi créer autour de lui une dynamique, qui consiste à s'attacher de la même manière à d'autres 'oubliés de l'histoire', dont son neveux Léopold Gouvy, né en 1871 dans la Villa Gouvy à Hombourg-Haut et mort à Paris en 1968. qui sous le pseudonyme "Opol Ygouv", a composé des œuvres extrêmement intéressantes (dont 61 numéros d'Opus, actuellement totalement inconnus), voilà la tâche certes très difficile mais oh combien exaltante à laquelle nous avons décidé de nous attacher. Nous sommes persuadés que cet institut saura valoriser une importante partie du patrimoine culturel de notre région.